Nadège Ango-Obiang

Un dernier secours



Ai-je ma tête bien ficelée, ai-je un foie bien structuré
A-t-on le droit de hurler quand le bonheur est affiché ?
Ai-je une âme bien formatée, des désirs bien calibrés
A-t-on la naïveté de gémir quand le monde lit ses coordonnées ?

Ai-je compris que je me haïssais, ai-je saisi qu’on me bannissait
A-t-on la folie de penser quand des projets sont exécutés ?
Ai-je adopté la bonne religion, des prières d’hypocrites bien publiées
A-t-on l’horreur d’être celui qui se réveille sur le buché ?

Ai-je sermonné qui me nourrissait, ai-je craché sur le ciel qui me protégeait
A-t-on l’illusion de se convaincre que le pardon est semé sur le chemin ?
Ai- je malmené ce qui est en moi, des sphères inconnues bien courroucées
A-t-on le génie de trouver le fouet pour se châtier soi-même ?

Ai-je aimé sans vouloir ma perte, ai-je de lascivité dérobé ce qui me rebutait
A-t-on la misère de longer la déchéance humaine sans être coupable ?
Ai-je invoqué l’inconnu près de ma porte, ai-je refusé que des bras me saisissent ?
A –t-on le supplice de voir s’effondrer ce que l’on n’a jamais fait ?

A –t- on la grâce d’un dernier secours, a-t-on la joie de surprendre l’amour
Ai-je donc la pâleur de ce mort qui renie le pont de la survie ?
A- t- on jamais titubé dans un chemin, a-t-on jamais souhaité le malheur
Ai-je ainsi en une seule destinée, le ramassis de l’obscurité pétrie de prurit ?

Ai-je une seule fois pensé à un seul, ai- je jamais pensé à un seul
A-t-on le désastre de se voir pendue par ses propres aspirations ?
Ai-je seulement pleuré sans désirer un besoin, ai-je entendu le verrou qui annonce
A-t-on l’ignominie de comprendre qu’on est le contraire de la compassion ?

Ai-je une fois posé un pas vers toi, ai-je déstabilisé le socle de ton existence
A- t- on la surprise d’être terrassée par la présence d’un passé qui reste là ?
Ai-je encore blessé d’être convoité, ai-je rompu des sacres sans ma présence
A-t-on la chance de savoir briser ce qui nous fait pleurer trois fois ?

Ai-je omis d’écrire ces mots qui tremblent, ai-je sacrifié le velours de tes lèvres
A-t-on le calvaire d’être celle qui pour l’éternité est blessée,
Ai-je haï cette main dans mon cou, ai-je mordu la poigne qui m’aurait aimé
A-t-on la peur de la terreur de ne plus reconnaître ce qui élève ?

 

 

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Published on e-Stories.org on 01/16/2014.

 

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