Patrice Faubert

Ma mère est morte

Ma mère ( 28-06-1925 - 15-08-2019 )
Née Eugénie, Lucienne, DUCK, FAUBERT
Veuve de feu mon père ( 09-06-1925 - 07-09-2016 )
Emile, Léon, FAUBERT
Est donc morte à 94 ans
Les inséparables ne sont jamais séparés, bien longtemps
Elle avait humée des temps plus bienveillants
Quand on savait encore se dire
Quand on savait encore se lire
Tout un temps oublié
Où l'on savait se respecter
Où l'on avait de la dignité
Où il y avait de la solidarité
Avec de la vraie culture populaire
Avec de notre temps, le faux air
Quand de nos pauvres jours
Au tout réactionnaire et qui rend le monde, sourd
Comme un froid nucléaire, tout pétrifié, tout gourd
Et plus aucune sortie de secours !
Ma mère est morte
Et à son chevet, toutes mes larmes qui sortent
Mes dernières paroles pour lui ouvrir les portes
En mécanique quantique
D'autres mondes parallèles, d'autres mathématiques
L'on ne naît pas
L'on ne meurt pas
Tout est en nous
Rien n'est en nous
Mondes sosies de feu Auguste Blanqui
Et tous les mondes obligatoires de l'infini
Tout s'y est réalisé
Tout s'y réalise
Tout s'y réalisera
Toutes les bifurcations
Tous les effets papillon
Milliards, milliards, milliards
Milliards, multipliant des milliards
Chaque monde et son information
Ma mère est morte
Toutes les larmes de mon corps, de la sorte
Elle se souvenait des grèves de 1936
Quand pour la solidarité ouvrière
L'on se mettait non par deux, mais par six
Ce qui compensait les pertes du salaire
Avec des caisses de grève
Avec des semaines de grève
Qui ne connaissaient aucune trêve
Avec des acquis obtenus de haute lutte
Malgré le gangstérisme politique
Partis et syndicats, corruption par le fric
Ma mère est morte
Mais incluse en moi, donc, pas vraiment morte
Deux états à la fois
Du chat de l'équation de feu le physicien Erwin Schrödinger, ma foi
Mais pas de déni
Mais la physique des hautes énergies
De la science spéculative, d'aujourd'hui
Pas de tour de passe-passe
Pour que son chagrin passe
Ma mère est morte
Elle connut une autre époque
Beaucoup  moins équivoque
Beaucoup moins univoque
Avec encore de la culture
Avec encore de la nature
Alors
Que d'un instant l'autre
Tout peut sauter
Dans les gouvernements du monde, tant de tarés
Du biologique
Du chimique
Du feu nucléaire
De la guerre totale
De la fin fatale
Et ma mère est morte
Devançant une fin d'espèce humaine programmée, de la sorte
Plus le temps de se répandre
Dans le cosmos, de s'expandre
Tant mieux, paix à nos cendres
Mur de Kardachev pour le comprendre
Ma mère est morte
Incluse en moi, pas vraiment morte
De la sorte
Ma mère, je l'ai tant aimée
Pour elle, de sincères baisers
De mains encore chaudes doucement caressées
Avec d'étranges paroles prononcées
Et qui feront notre éternité !

Patrice Faubert ( 2019 ) puète, peuète, pouète, paraphysicien ( http://patrice.faubert.over-blog.com/ ) Pat dit l'invité sur " hiway index "


 
 

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Published on e-Stories.org on 08/17/2019.

 

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