Nadège Ango-Obiang

La Corne du Lutin

Je me suis réveillé avec la marée. Sans doute l’influence du milieu aquatique sur mon cerveau dérangé. Encore, sur ma peau, j’ai la sensation de l’ombre de l’humidité qui la tenaille comme des millions de petites ondes électriques. Le souffle court, je me levais avec sous les pieds l’impression que des mains invisibles tenaient mes chevilles en coton.
 
Je me souviens. De cette dernière vague qui m’enfonça davantage, me poussa presque sous le nez de cette femme que je connaissais si bien, depuis si longtemps. Les yeux rétrécis par la dureté, les traits de son visage me faisaient frissonner. Je poussais la porte. Les brumes du rêve ne voulaient pas me lâcher. Dans l’étroit couloir, les murs de mon appartement me semblaient inconnus. Le bruit du frémissement de ma fenêtre attira mon attention. A tâtons, je voulais voir si mon  monde avait changé. Derrière les rideaux, c’est un vent de grêle, nerveux, qui bousculait les quelques arbres présents autour de ma résidence universitaire. Un soupir se fit entendre. Et en mon cœur, la réalité de mes tourments revint. Barricadé entre ces 18 m2, je tentais de détruire ce que j’étais. Mon cerveau ne me jouait pas des tours.
 
Elle était si belle que j’avais voulu la rejoindre. Alors, j’ai empruntée la barque avec des intentions pourtant interdites. Ma mère me l’avait interdit. Grande prêtresse vaudou, elle m’avait fait jurer de pas l’emprunter à cause de l’amour. C’était tentant. Lille, le port de Dunkerque. Comment résister à la possibilité, tenailler par les sons complexes des mouvements de la mer, de naviguer pour la conquérir ? Elle, cette fille que je n’avais vue qu’une fois. Blonde sombre, yeux de lumière, présence entêtante, même après qu’elle soit partie. Ça m’apprendra à fumer. A n’être fidèle qu’à ce tabac. A force, mes essences s’y sont imprégnées, et tout mon être s’est abandonné entre les mains de la brise que cette fille a emmenée avec elle. Obsédé et curieux, mais bien plus curieux qu’obséder, je voulais savoir, connaître le secret de son âme. Le vent froid et nerveux de cet hivers se mua soudain en moi en une corne d’où venait la possibilité de naviguer entre les flots des mondes, chercher ce qui m’empêchait d’oublier cette inconnue. Je me suis acheté une toupie. Moi Philippe, qui me moquait des rîtes auxquelles étaient accrochés mes frères et sœurs. Je me raccrochais au fait que j’étais un vrai Ch’ti. Pourtant, j’ai navigué dans les plus profonds souterrains de la mer psalmodiant toute sorte de prière que j’avais épinglée dans la rubrique des faits et des actes les plus ridicules.
 
Allongé sur mon lit, dans des vêtements neufs et blanc immaculés, j’attendais impatiemment tandis que la toupie entêtée continuait ses rondes identiques. Je ne me souviens que d’une main forte sur ma gorge. Ce fut bref. Saisissant comme l’effet de la colère du tonnerre quand il nous surprend. Dans l’abîme des flots, je n’ai pas reconnu le bleu de la mer, la tranquillité légendaire. Le verdâtre se dissipa très vite car, dans ma tête, des rires m’envahirent.

  • Chante l’amour, appelle l’abandon ;  chante l’illusion réclame l’inconnu parfait ; prie tes anges, on te donne les nôtres.
Cette voix de femme, grave et excitée, chantait sans répit. Et moi, je ne savais plus où j’étais et ce que j’étais. Je n’avais aucune sensation de mon corps. Et, très brusquement, une femme apparut. Je dirais, une tête de femme apparut. Hormis l’épaisse crinière noire, longue et désordonnée autour d’elle, c’était le visage de ma mère. Ce n’était pas ma mère, plutôt un subterfuge déroutant qui trouble les êtres du commun.
  • Enfant, dit la femme, un reste de sourire sur les lèvres, un semblant d’affection sur le visage. Tu cherches quelqu’un ? Tu veux connaître son âme ?
  • Je veux savoir par moi-même. Répondis-je avec une impatience que je contrôlais à peine.
Mais je ne m’entendis pas articuler, je ne me sentais pas habité un corps. Les yeux de la femme me scrutaient intensément. Un son déchirant me fit peur. Je voulu fuir mais je ne savais plus comment.
  • C’est moi qui ai ta toupie, susurra la femme en s’envolant dans un nuage de vague sombre qui explosa tout autour de moi. C’est moi qui t’ai appelé, toi le dernier des lutins.
Je secouais la tête comme pour nier être un lutin. Mais je su aussitôt qu’elle ne pouvait mentir. Ma sœur aînée ne blâmait-elle pas nos parents en affirmant que nous cacher ce que nous étions nous mettait en danger ? Que ces rîtes élémentaires enseignés n’étaient que des jeux qui ne nous aidaient pas ?
  • Ils ne sont pas morts rassure toi. Continua le  nuage de vagues clairsemé. Tu es le seul qui n’a jamais fait le voyage. Tu t’es installé dans la barque pour l’amour, et j’ai enfin ta corne.
Elle éclata à nouveau de rire.
  • Ne t’a-t-on jamais dit, que ce que nous semblons percevoir, entendre, ou prendre est une partie de nous même ? La corne a protesté et tu es venu à moi quand même.
Je fis non de ce que je pensais être ma tête.
  • Tu voulais voir, mais tu ne verras point. Je n’ai fait que t’appeler, sublime fille blonde, magnifique apparition. Tu m’as donc aimé.
  • Pourquoi ?
  • Pourquoi ? s’étonna  t- elle.
Mais je n’avais pas parlé. Je suis sûr que je n’ai même pas pensé. Mais où étais-je ? Je me mis à m’agiter. Je frappais du bras et des pieds, et tous ce que je vis c’était  des nuages de vagues. J’étais devenu une somme de molécules d’eau. Je me mis à crier souhaitant me réveiller. Dans ma tête supposée, je revoyais cette fille aux yeux de lumière, cette enveloppe qui m’a habité. Ils ne m’ont pas appris que les êtres des mers pouvant se faufiler parmi les hommes, si près de vous et vous atteindre comme  une femme infiniment désirable.
  • Je suis là ! dit-elle d’une voix étonnamment jeune.
Devant les molécules d’eau qui faisaient office d’yeux apparut la jeune fille blonde, si séduisante que je sentais bien que mon corps quelque part réagissait. Le son terrifiant s’amplifia. Je fus saisi d’une  douleur épouvantable. C’était le feu qui me dévorait. Sous la mer, au plus profond des milliers de nappes d’eau, un immense brasier était né. L’eau était le ciel et cette femme et moi étions dans un huis clos enflammé.
  • Chante l’amour, rugit la femme.
  • Je ne peux pas. Je n’abandonnerais pas.
  • Chante l’amour ! Ces mots que tu as récités pour venir jusqu’ici. Chante l’amour que par ta corne j’inonde de mes chants tous les océans !
Sa voix se radoucie et avec elle les flammes.
  • Je te la donnerais cette fille. Tu vieillirais avec elle.
  • C’est ton âme !
  • J’ai d’autres filles. Quelles inconnues veux-tu ?
  • Laisse-moi partir !
  • Tes sœurs arrivent !
  • Non…
  • Tu ne peux remonter sans ta barque. Ta mère t’a dit qu’elle est impuissante face à l’amour parce que l’amour des flots est sous mon commandement. Les tiens ont peur de moi. Tu les as trahis. Je te dominerais toujours, sois-en sûr. Si un son t’est pénible, le souffle libéré par ta mort me sera encore plus bénéfique.
Un visage de feu s’imposa dans toutes ses proportions contre le mien.
  • Veux-tu que je combatte contre ta sœur, et d’autres après elle ?
  • Seigneur !
  • Je suis là.
  • Je voulais connaître son âme.
  • Je suis là. Et serais toujours auprès de toi. La mer veut entrer, que veux-tu toi, enfant sans oreilles ?
Je me sentais disparaître. Le nuage d’eau se rapprocha. Feu et eau semblaient en harmonie. Mes hurlements grandissaient comme ses flammes devenues mauves. La terre me manqua, dormir me manqua. Ne valait-il pas mieux mourir ? Un grand sourire naquit sur le visage de cette imposture de mère tandis que dans ma tête se mirent à défiler les chansons d’amour que je connaissais. Les flammes entrèrent dans mes entrailles. Et cette mère s’installa dans mes entrailles ronronnant, grommelant puis hurlant sa satisfaction.
 
La grêle sur ma fenêtre, frappait de plus en plus fort. A travers la vitre j’apercevais mon reflet, mes yeux gris avaient une teinte que je voulais proche du ciel et non des abîmes de la mer. En un instant très fugace, la tête de mère apparut. Je me rappelais qu’elle était en moi. Au pied de mon lit s’amoncelaient des coquillages et toute sorte de débris de mollusques que je devais garder. Tous les jours, au fil des rêves dans mes nuits, elles m’imposeront leur volonté, leurs intentions. Opposé aux miens, esclave du brasier commandeurs des profondeurs de la mer, j’étais condamné à subir cette existence.
 
J’avais tenté de me détruire et j’avais réussi.  
Je me suis réveillé avec la marée. Sans doute l’influence du milieu aquatique sur mon cerveau dérangé. Encore, sur ma peau, j’ai la sensation de l’ombre de l’humidité qui la tenaille comme des millions de petites ondes électriques. Le souffle court, je me levais avec sous les pieds l’impression que des mains invisibles tenaient mes chevilles en coton.
 
Je me souviens. De cette dernière vague qui m’enfonça davantage, me poussa presque sous le nez de cette femme que je connaissais si bien, depuis si longtemps. Les yeux rétrécis par la dureté, les traits de son visage me faisaient frissonner. Je poussais la porte. Les brumes du rêve ne voulaient pas me lâcher. Dans l’étroit couloir, les murs de mon appartement me semblaient inconnus. Le bruit du frémissement de ma fenêtre attira mon attention. A tâtons, je voulais voir si mon  monde avait changé. Derrière les rideaux, c’est un vent de grêle, nerveux, qui bousculait les quelques arbres présents autour de ma résidence universitaire. Un soupir se fit entendre. Et en mon cœur, la réalité de mes tourments revint. Barricadé entre ces 18 m2, je tentais de détruire ce que j’étais. Mon cerveau ne me jouait pas des tours.
 
Elle était si belle que j’avais voulu la rejoindre. Alors, j’ai empruntée la barque avec des intentions pourtant interdites. Ma mère me l’avait interdit. Grande prêtresse vaudou, elle m’avait fait jurer de pas l’emprunter à cause de l’amour. C’était tentant. Lille, le port de Dunkerque. Comment résister à la possibilité, tenailler par les sons complexes des mouvements de la mer, de naviguer pour la conquérir ? Elle, cette fille que je n’avais vue qu’une fois. Blonde sombre, yeux de lumière, présence entêtante, même après qu’elle soit partie. Ça m’apprendra à fumer. A n’être fidèle qu’à ce tabac. A force, mes essences s’y sont imprégnées, et tout mon être s’est abandonné entre les mains de la brise que cette fille a emmenée avec elle. Obsédé et curieux, mais bien plus curieux qu’obséder, je voulais savoir, connaître le secret de son âme. Le vent froid et nerveux de cet hivers se mua soudain en moi en une corne d’où venait la possibilité de naviguer entre les flots des mondes, chercher ce qui m’empêchait d’oublier cette inconnue. Je me suis acheté une toupie. Moi Philippe, qui me moquait des rîtes auxquelles étaient accrochés mes frères et sœurs. Je me raccrochais au fait que j’étais un vrai Ch’ti. Pourtant, j’ai navigué dans les plus profonds souterrains de la mer psalmodiant toute sorte de prière que j’avais épinglée dans la rubrique des faits et des actes les plus ridicules.
 
Allongé sur mon lit, dans des vêtements neufs et blanc immaculés, j’attendais impatiemment tandis que la toupie entêtée continuait ses rondes identiques. Je ne me souviens que d’une main forte sur ma gorge. Ce fut bref. Saisissant comme l’effet de la colère du tonnerre quand il nous surprend. Dans l’abîme des flots, je n’ai pas reconnu le bleu de la mer, la tranquillité légendaire. Le verdâtre se dissipa très vite car, dans ma tête, des rires m’envahirent.
  • Chante l’amour, appelle l’abandon ;  chante l’illusion réclame l’inconnu parfait ; prie tes anges, on te donne les nôtres.
Cette voix de femme, grave et excitée, chantait sans répit. Et moi, je ne savais plus où j’étais et ce que j’étais. Je n’avais aucune sensation de mon corps. Et, très brusquement, une femme apparut. Je dirais, une tête de femme apparut. Hormis l’épaisse crinière noire, longue et désordonnée autour d’elle, c’était le visage de ma mère. Ce n’était pas ma mère, plutôt un subterfuge déroutant qui trouble les êtres du commun.
  • Enfant, dit la femme, un reste de sourire sur les lèvres, un semblant d’affection sur le visage. Tu cherches quelqu’un ? Tu veux connaître son âme ?
  • Je veux savoir par moi-même. Répondis-je avec une impatience que je contrôlais à peine.
Mais je ne m’entendis pas articuler, je ne me sentais pas habité un corps. Les yeux de la femme me scrutaient intensément. Un son déchirant me fit peur. Je voulu fuir mais je ne savais plus comment.
  • C’est moi qui ai ta toupie, susurra la femme en s’envolant dans un nuage de vague sombre qui explosa tout autour de moi. C’est moi qui t’ai appelé, toi le dernier des lutins.
Je secouais la tête comme pour nier être un lutin. Mais je su aussitôt qu’elle ne pouvait mentir. Ma sœur aînée ne blâmait-elle pas nos parents en affirmant que nous cacher ce que nous étions nous mettait en danger ? Que ces rîtes élémentaires enseignés n’étaient que des jeux qui ne nous aidaient pas ?
  • Ils ne sont pas morts rassure toi. Continua le  nuage de vagues clairsemé. Tu es le seul qui n’a jamais fait le voyage. Tu t’es installé dans la barque pour l’amour, et j’ai enfin ta corne.
Elle éclata à nouveau de rire.
  • Ne t’a-t-on jamais dit, que ce que nous semblons percevoir, entendre, ou prendre est une partie de nous même ? La corne a protesté et tu es venu à moi quand même.
Je fis non de ce que je pensais être ma tête.
  • Tu voulais voir, mais tu ne verras point. Je n’ai fait que t’appeler, sublime fille blonde, magnifique apparition. Tu m’as donc aimé.
  • Pourquoi ?
  • Pourquoi ? s’étonna  t- elle.
Mais je n’avais pas parlé. Je suis sûr que je n’ai même pas pensé. Mais où étais-je ? Je me mis à m’agiter. Je frappais du bras et des pieds, et tous ce que je vis c’était  des nuages de vagues. J’étais devenu une somme de molécules d’eau. Je me mis à crier souhaitant me réveiller. Dans ma tête supposée, je revoyais cette fille aux yeux de lumière, cette enveloppe qui m’a habité. Ils ne m’ont pas appris que les êtres des mers pouvant se faufiler parmi les hommes, si près de vous et vous atteindre comme  une femme infiniment désirable.
  • Je suis là ! dit-elle d’une voix étonnamment jeune.
Devant les molécules d’eau qui faisaient office d’yeux apparut la jeune fille blonde, si séduisante que je sentais bien que mon corps quelque part réagissait. Le son terrifiant s’amplifia. Je fus saisi d’une  douleur épouvantable. C’était le feu qui me dévorait. Sous la mer, au plus profond des milliers de nappes d’eau, un immense brasier était né. L’eau était le ciel et cette femme et moi étions dans un huis clos enflammé.
  • Chante l’amour, rugit la femme.
  • Je ne peux pas. Je n’abandonnerais pas.
  • Chante l’amour ! Ces mots que tu as récités pour venir jusqu’ici. Chante l’amour que par ta corne j’inonde de mes chants tous les océans !
Sa voix se radoucie et avec elle les flammes.
  • Je te la donnerais cette fille. Tu vieillirais avec elle.
  • C’est ton âme !
  • J’ai d’autres filles. Quelles inconnues veux-tu ?
  • Laisse-moi partir !
  • Tes sœurs arrivent !
  • Non…
  • Tu ne peux remonter sans ta barque. Ta mère t’a dit qu’elle est impuissante face à l’amour parce que l’amour des flots est sous mon commandement. Les tiens ont peur de moi. Tu les as trahis. Je te dominerais toujours, sois-en sûr. Si un son t’est pénible, le souffle libéré par ta mort me sera encore plus bénéfique.
Un visage de feu s’imposa dans toutes ses proportions contre le mien.
  • Veux-tu que je combatte contre ta sœur, et d’autres après elle ?
  • Seigneur !
  • Je suis là.
  • Je voulais connaître son âme.
  • Je suis là. Et serais toujours auprès de toi. La mer veut entrer, que veux-tu toi, enfant sans oreilles ?
Je me sentais disparaître. Le nuage d’eau se rapprocha. Feu et eau semblaient en harmonie. Mes hurlements grandissaient comme ses flammes devenues mauves. La terre me manqua, dormir me manqua. Ne valait-il pas mieux mourir ? Un grand sourire naquit sur le visage de cette imposture de mère tandis que dans ma tête se mirent à défiler les chansons d’amour que je connaissais. Les flammes entrèrent dans mes entrailles. Et cette mère s’installa dans mes entrailles ronronnant, grommelant puis hurlant sa satisfaction.
 
La grêle sur ma fenêtre, frappait de plus en plus fort. A travers la vitre j’apercevais mon reflet, mes yeux gris avaient une teinte que je voulais proche du ciel et non des abîmes de la mer. En un instant très fugace, la tête de mère apparut. Je me rappelais qu’elle était en moi. Au pied de mon lit s’amoncelaient des coquillages et toute sorte de débris de mollusques que je devais garder. Tous les jours, au fil des rêves dans mes nuits, elles m’imposeront leur volonté, leurs intentions. Opposé aux miens, esclave du brasier commandeurs des profondeurs de la mer, j’étais condamné à subir cette existence.
 
J’avais tenté de me détruire et j’avais réussi.  

 

All rights belong to its author. It was published on e-Stories.org by demand of Nadège Ango-Obiang.
Published on e-Stories.org on 05/08/2011.

 

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